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Les calcaires jurassiques du front de taille de la carrière de May sont les témoins, au sud de Caen, de la première transgression marine jurassique sur la surface d’érosion post-varisque au voisinage des écueils formés par les crêtes de grès ordoviciens non arasées.
Au Jurassique inférieur (Lias), dans cette zone d’écueils et d’îlots aux eaux particulièrement agitées abritant une faune fixée abondante, les dépôts marins présentaient un faciès particulier appelé Faciès des écueils. Ce faciès, localisé au voisinage des paléoreliefs varisques tels que celui de May-sur-Orne, est caractérisé par l’absence de terrigènes, la richesse en bioclastes grossiers et une sédimentation condensée avec de nombreux arrêts de sédimentation.
Ainsi, à May-sur-Orne, les calcaires ont enregistré une durée de 20 millions d'années pour une épaisseur totale de 2m seulement. Le Bajocien repose directement sur le Pliensbachien représenté par le Faciès des écueils ; il y a lacune du Toarcien et de l’Aalénien. |
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Dans le front de taille, les deux ensembles calcaires jurassiques représentent une partie du Lias, le Pliensbachien, et le Bajocien.
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La base de la série jurassique (Lias)
Au-dessus des Grès de May arasés, un conglomérat de base à galets épars comble les cuvettes de la surface d’érosion post-varisque. Il est surmonté par des bancs bioclastiques grossiers.
Datés du Pliensbachien ces sédiments sont les témoins de la première avancée de la mer, au Jurassique inférieur, sur les vestiges de la chaîne varisque érodée.
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Le conglomérat de base (Pliensbachien)
Les galets du conglomérat sont emballés dans un sédiment biodétritique grossier mal cimenté. |
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Gros galet aplati du conglomérat de base.
De toutes tailles, les galets du conglomérat de base proviennent du remaniement de la surface d’érosion post-varisque lors de la transgression marine au Pliensbachien.
Le conglomérat est surmonté par un lit de calcaire bioclastique grossier à débris d’encrines. |
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Faciès des écueils (Pliensbachien)
Au-dessus du conglomérat, le calcaire bioclastique grossier renferme de nombreux débris (bioclastes) de crinoïdes, échinodermes vivant fixés sur le fond. Ce calcaire appartient au Faciès des écueils ; il résulte de la consolidation d’un sable formé par l’accumulation des débris des crinoïdes brassés par la houle et les tempêtes à proximité des écueils de grès ordoviciens, vestiges non arasés de la chaîne varisque.
Un article de tige d’encrine (entroque) à section étoilée est visible à droite du galet.
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Ammonite et dépôts ferrugineux
Les ammonites récoltées dans les calcaires de la base de la série jurassique ont permis de leur donner un âge pliensbachien (Lias ou Jurassique inférieur). Ces calcaires, localement mal cimentés, contiennent aussi des bélemnites, des grains et des enduits ferrugineux. |
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Petits bancs calcaires limités par des surfaces durcies à enduits ferrugineux
L’abondance des dépôts ferrugineux indique une faible vitesse de sédimentation voire des arrêts de sédimentation. Ici la succession stratigraphique est très incomplète, le Lias étant représenté par 2m d’épaisseur seulement et comprenant le Pliensbachien seul ; il y a lacune du Toarcien et de l’Aalénien. La sédimentation est dite condensée.
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Dans la partie supérieure du front de taille, le dernier banc calcaire (environ 1m d’épaisseur) correspond à la Formation de l’Oolithe ferrugineuse de Bayeux, d’âge bajocien.
Situé en hauteur, il est difficilement accessible à l’observation ; et les extrémités latérales du front de taille sont malheureusement envahies par la végétation. De plus, la surface des calcaires est recouverte par un enduit calcitique qui masque les détails. |
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Lamellibranche fossile dans l’Oolithe ferrugineuse
L’Oolithe ferrugineuse de Bayeux est une formation géologique caractérisée par la présence de nombreux fossiles (voir le stratotype bajocien à Sainte-Honorine-des-Pertes). Cependant, ici les conditions d’affleurement ne permettent pas de les observer facilement. De plus, le site étant déclaré « réserve géologique » par la municipalité de May-sur-Orne, la récolte de fossiles n’y est pas autorisée. |
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Débit en plaquettes
Près de la surface, le calcaire se débite en plaquettes ; ce débit est du à la gélifraction provoquée par la succession de périodes de gel et de dégel lors de la dernière période glaciaire.
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Source bibliographique : Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Villers-Bocage (145). Orléans : BRGM, 229p. Carte géologique par Y. VERNHET et al. (2002) |